samedi 9 juin 2007

Rupture(s)

Le Nouvel Obs publie cette semaine, un texte de Jean-Pierre Rioux, Les trois ruptures de Nicolas Sarkozy : 'la bipolarisation contrariée' ; 'l'utilisation de l'identité à tout-va' ; 'affronter le réel (...), "tout se jouera dorénavant sur le champ, en prise directe, en instantanée soluble, par expériences qui ne cherchent pas l'effet cumulatif, sans vision synthétique, sans prophéties ni incantations"

C'est un article passionnant (non disponible en ligne - décidément, les news magazines, après s'être fait piller, ne savent toujours pas trouver l'équilibre entre le tout gratuit, et l'abonnement à tout crin - mais, là n'est pas le sujet). Abandonnons le politique, commençons notre réflexion par sa conclusion.


"Triple rupture de pente, de la Constitution gaullienne, de l'identité giscardisée, de la temporalité mittérandienne : le sarkozysme surfe sur une société du "présent liquide" selon Zygmunt Bauman. Il n'a plus besoin du vieux pour tenter de faire du neuf. Il ne fait pas de rupture : il avalise et actualise sans trêve. Il est hardi et conquérant à proportion de nos dérèglements. Et peut-être même prometteur sans avoir à invoquer le passé ni l'avenir"


C'est un état, un fait - nous manquons de réponses, nous abandonnons les liens, achetant, nous consommons de la 'liberté', nous nous jetons dans le vide - notre vide, nous vivons du vide : sans passé, sans persistance, seule la subjectivité de notre réel est sensible. Notre conscience, notre perception devient objectivité, mais découpée, trançonnée : nulle. Il n'y a plus de fil, plus de mise en perspective, un oubli, une amnésie renouvelée, de jour en jour, le suivant poussant le précédent, en un mouvement perpétuel, en pointillé. Nous vivons des jours différents et décousus, découpés, du monde, du contexte, de sa sociologique, de l'Histoire. Dans une même semaine, parfois, deux visions ne se complètent plus, ne se chevauchent plus : elles sont déconnectées, complètement, totalement.

Connected People disait Nokia... Ouais, partageons... Et pourtant, le web donne une infinie de potentialités d'être plus raisonnable. De plus en plus informé, de plus en plus ignorant ? Non : mais l'homme dans son ignorance crasse ne change pas.

2 commentaires:

florence Meichel a dit…

Bonjour

La raison viendra sans doute de notre capacité à relier l'instantanné et l'histoire...voilà notre défi : apprendre pour chacun la reliance au cosmos... et nous relier aux autres au travers de ce lien fondateur d'une nouvelle éthique pour l'humanité...là sera la rupture durable ! C'est en tout cas ma vision des choses et le sens de mes engagements et de mes actes au quotidien ! :-)

Michel a dit…

wahou....