mardi 11 mars 2008

(Suite au commentaire de Flora)

J’ai toujours pensé que (parfois) la rencontre entre un livre et soi, c'était comme la rencontre entre deux personnes qui ne devaient jamais se parler, mais qui au hasard, se livrent l'une à l'autre. Et souvent, ce sont les plus belles des rencontres. Alors, « l'intelligence » feinte n’a aucune importance. Je suis de plus en plus réservé devant ‘la critique’, l'analyse et le reste – les études, les commentaires talmudiques des œuvres - : ce qui m’importe, c'est ce qu'on transmet, ce qu'on a compris, et ce qu'on veut faire partager. L’exégèse m'ennuie, elle m’est presque indélicate. La rencontre et ce qui nous change, çà c'est important. Même sur des détails, même sur ce qui est accessoire. Se concentrer sur un domaine – la Littérature, les essais, les Classiques, même un sujet… renier, défier autrui : c’est faire un choix. Et je n’y arrive pas. La sincérité, puis la relation – et enfin, la transmission, c'est ce qui m'importe.


J’ai lu récemment Les livres que je n’ai pas écrits de George Steiner, Des os dans le désert de Sergio González Rodríguez, deux essais sur l’avenir du livre et Les 1001 de Billy Milligan de Daniel Keyes. Quel rapport entre ces livres, quelle logique sous-jacente ? Va savoir. Pierre Guyotat écrivait dans son dernier ouvrage, Formation, qu’il était rare, pour lui, de lire des livres qui n’étaient pas nécessaire à son écriture. C’est une logique inconnue et qui me fait un peu peur. Pourtant, faire des choix, se concentrer, creuser un domaine de prédilection, je le comprends, l’admet et admire ceux peuvent se concentrer ainsi. Mais ce n’est pas moi. Ce n’est pas mieux, il n’y a pas de jugement de valeur, c’est juste comme ça.

C’est étrange : par paresse, je pense être très efficace dans mon travail, très organisé. « Par paresse », parce que je veux au plus vite passer à autre chose. Mais, cette rectitude, dans ma vie personnelle, m’est inaccessible. Psfff…

2 commentaires:

Anonyme a dit…

J'ai un peu de mal à te suivre dans tes raisonnements ("renier, défier quelqu"un ?")mais je pense avoir compris que tu aimes cheminer sans vraiment suivre un chemin, plutôt le fil de ta belle et libre curiosité, de tes envies diverses et variées ! Pour ma part, voici mon fil conducteur en ce moment : dévorer les romans "dont on parle", ayant reçus des prix, pour me faire une idée de la littérature actuelle, de ce qu'elle vaut, de ce qu'elle propose... Mais j'aime qu'on me donne d'autres pistes, qu'on me suggère que tel ou tel livre vaut le détour. C'est ce que ton blog réalise (et réussit) : repérer de belles balises... Mais découvrir un livre par "hasard", je n'y crois finalement pas beaucoup, il y a forcément quelque chose ou quelqu'un qui va provoquer les rencontres, souvent les plus belles, là je suis d'accord ! Continue à poser des balises ici et là, au gré de ta curiosité et merci de nous les faire partager !
Flora

florence Meichel a dit…

En te lisant, je me dis que je n'aimerais de toute façon pas que ma vie personnelle soit calquée sur ma vie professionnelle...c'est la variété et la différence qui permet mon équilibre ! :-) Mais ce n'est que ma vision...et je comprends que tu vives les choses autrement !