mercredi 31 octobre 2007

50 centimes

J'étais il y a quelques jours à la Fnac pour ma ration de bouquins - j'attends à la caisse.

Devant moi, un jeune adolescent, 15/16 ans, jeans large, basket, cheveux en bataille, trottinette higth tech... Il aurait pu être acteur chez Gus Van Sant. Il achète un jeux vidéo, et comme mode de paiement, détale quelques billets, et beaucoup, beaucoup - mais alors beaucoup - de ferrailles ("Il a cassé sa tirelire" me dit la bonne femme derrière moi - les cheveux blancs, le teins cireux, la jeunesse qui s'enfuie déjà...). Il y avait tellement de petites pièces jaunes que la caissière (charmante, 18/20 ans, job d'étudiant) dû s'y reprendre plusieurs fois pour constater qu'il lui manquait 50 centimes.

Et sincérement, devant sa mine désolée, sa déception et sa honte - de devoir payer comme çà, de ne pas avoir assez quand même - j'ai donné les 50 cts restant, dans un geste - le plus rapide possible, le plus discret, les yeux baissés. Non pas pour lui ; non pas parce que j'en avais marre d'attendre ; mais pour moi, pour l'ado que j'étais, pour ces moments où tout me manquait. Il m'a remercié - la caissière aussi. J'ai baissé les yeux. Je n'arrive pas à soutenir leurs regards, son regard à lui (Ce n'est rien j'ai fais d'un geste), puis son regard à elle, quand je paie à mon tour - Carte Bleue et montant d'adulte. J'ai presque honte d'avoir osé. Je ne veux pas qu'on me remarque ; çà n'a aucune importance. Parce que c'est à moi-même que je donne. Pas à lui, à moi. Alors, pourquoi remercier ce qui ne compte pas ?

2 commentaires:

florence Meichel a dit…

Emotion en te lisant...tu sais jamais comment, combien ça résonne chez les gens...juste que ça compte et que tu comptes...

" le battement d'ailes d'un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ?" Lorenz

" À cause du clou, le fer fut perdu
À cause du fer, le cheval fut perdu.
À cause du cheval, le cavalier fut perdu.
À cause du cavalier, la bataille fut perdue.
À cause de la bataille, la guerre fut perdue.
À cause de la guerre, la liberté fut perdue.
Tout cela pour un simple clou"
Benjamin Francklin

Michel a dit…

C'est gentil. Merci