vendredi 9 mars 2007

Simplifier, grossir, répéter... bis


Je me suis rappelé cette anecdocte racontée par Jean-Claude Carrière dans le livre qu'il a coécrit avec Michel Cassé et Jean Audouze, Conversations sur l'invisible. (p. 93 de l'édition originale)

" JCC - Un homme qui a travaillé avec Niels Bohr m'a raconté cette anecdocte : un jour, Bohr reçoit des journalistes pour leur faire une importante communication scientifique. Il est avec son fils, physicien comme lui, qui prend part aux entretiens. Venus pour quelques heures, les journalistes restent finalement toute la journée. On s'arrange pour les faire dormir. Le lendemain matin la discusion reprend. Niels Bohr demande à son fils de leur rappeler, en une quinzaine de minutes, les thèmes traités la veille. Le fils (lui-même futur prix nobel) s'exécute. Bohr l'écoute attentivement. A la fin, il lui dit : "Court, clair... et faux."

MC - Un exposé exact devrait-il être long et confus ?

JA - Peut-être au fond.

JCC - La longue phrase-scalpel de Marcel Proust semble vouloir se glisser, comme un serpent articulé, jusque dans les derniers méandres de nos émotions, de nos réflexions, de nos décisions. En même temps, il se rend compte des limites de cette "recherche" "

C'est une vision qui me plait assez. Mais paradoxalement, les poètes s'approchernt de l'intimité d'un mot, d'une phrase, pour dans sa densité, exprimer la globalité de la réalité, la vérité, l'essence. Ces deux approchent se contredisent, et générent des conflits anihilants.

2 commentaires:

Cedric a dit…

Captain America, c'était quand même plus simple à comprendre... ;)

Michel a dit…

Ouais. Tout pareil.