lundi 2 octobre 2006


Matthieu Viala, producteur de MakingProd, préparait sur son blog le séminaire "Scénariste en série"... Il posait un certain nombre de questions pertinentes...

Je voudrais en complément extraire ce court passage d'Henry Miller dans Les Livres de la ma vie :
« On continue d’enseigner aux hommes à créer en leur faisant étudier les œuvres des autres ou en les laissant tracer des plans et des esquisses qui ne dépasseront jamais le stade de l’ébauche. On enseigne l’art d’écrire dans des salles de classe et non pas au cœur de la vie. On propose aux étudiants des modèles qui sont censés convenir à tous les tempéraments, à toutes les intelligences. Il ne faut pas s’étonner après cela que nous produisions plus de brillants ingénieurs que d’écrivains, plus d’experts industriels que de peintres.
Je ne considère pas mes rencontres avec les livres d’un autre œil que mes rencontres avec les phénomènes de la vie ou de la pensée.»

« Aucun artiste n’a jamais atteint la grande masse palpitante de l’humanité. (…) si écrire des livres, c’est restituer ce que nous avons puisé dans le grenier de la vie, dans les réserves de nos frères et de nos sœurs inconnus, alors, je déclare : Ecrivons davantage de livres ! »

Ne pas se méprendre : toute activité requiert une technique et de la pratique – des règles de base, un solfège en quelque sorte. Et l'audiovisuel est aussi - surtout, une industrie.
Ceci étant posé, hier soir, je me demandais pourquoi je regardais, moi, FBI Portés Disparus avec plaisir. Certes, la technique est impeccable (suspens, personnages récurrents attachants...) : mais tout cela ne suffit pas - ou plus exactement, tout cela correspond à un objectif. Cette série est profondémment humaine. Proche de nous, au coeur de notre vie - et même si elle se situe à New York ou dans le reste des USA.
Série, cinéma, fiction, etc. : des techniques différentes, mais pas de recettes - et un objectif unique. Or, les producteurs recherchent et appliquent des recettes comme des assureurs quantifient le risque. Les scénaristes et les réalisateurs appliquent les techniques, mais épuisés à se battre, ils oublient le plus important... 'atteindre la grande masse palpitante de l’humanité'.

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