mardi 25 mars 2008

En deux mots, s'il vous plait...

A une éditrice qui me demandait si j'aimais être juré du Prix des Lecteurs, je lui répondait "non". Surprise, elle me demanda pourquoi : "Parce que ça me contraint à lire des livres, et que si c'est une expérience pour moi extra-ordinaire (en deux mots, s'il vous plait), je la conçois comme devant la rester." S'il y a certes des rencontres formidables que je n'aurais pas faites, reste cependant l'obligation - certes douce, agréable et volontaire...

Je ressens aussi l'obligation morale de lire les livres que le Littéraire m'envoie... Mais à
un moment, il faut s'arrêter de lire, pour "oser écrire" - oui, oser est bien le mot. L'achat de livres grève mon budget, mon temps et mon énergie que parfois je suis capable de rien faire d'une force... Et pourtant, le fait de dépenser me donne le droit de ne pas lire, de prendre pour moi le risque d'être déçu, et de ne pas poursuivre. J'en viens à être content de n'avoir à répondre à personne si ce n'est à moi-même. Et çà me va.

Aujourd'hui, j'ai acheté (rubrique bouquins):

- Tractatus logico-philosophicus, de Ludwing Wittgenstein (Gallimard).

- La pesanteur et la grâce (Pocket), ainsi que les Œuvres rassemblées dans la collection Quarto (Gallimard), de Simone Weil.

- Histoire universelle de la destruction des livres, de Fernando Baèz (Fayard).

- et San Quentin Jazz band, de Pierre Briançon (Grasset).


Une de mes scènes de cinéma préférée représente Robin, une sculpture de Camille Claudel dans les mains. Il se demande : "Qu'a-t-elle ce que moi, Rodin, je n'ai pas ?". Je révise mes nouvelles - et peut-être est-ce la seule vraie question qui me hante, moi qui ne suis ni Rodin, ni Camille Claudel...


5 commentaires:

florence Meichel a dit…

Mouai...payer pour sa liberté ????...ou pour le dire autrement : payer pour ne pas s'engager !!! j'avoue que c'est une attitude que je trouve insupportable ... comment construire et vivre en société dans ces conditions ? Et de toute façon cette liberté reste relative : ton budget n'est pas infini et ton destin te poursuit : Oser écrire...oser s'engager dans un acte de construction...oser engager les mots, les idées et les actes, les poser et les assumer pour ce qu'ils sont : les tiens !
La confiance ne se décrète pas, elle se construit pas à pas...elle se nourrit de défis, de réussites et d'échecs assumés et dépassés !
Et tes lecteurs ont confiance ! :-)

florence Meichel a dit…

ose écrire en deux mots...juste deux mots ! :-)

The big bad wolf a dit…

Juste un signe au passage. Lundi, les Ternes, tel sur répondeur. Dommage. Une autre fois.

florence Meichel a dit…

J'espère que tu vas bien ????

Michel a dit…

Ca va - juste beaucoup de travail, et peu d'envie d'écrire... Tout simplement.