jeudi 7 février 2008

Maryam ou le passé décomposé, de Alawiya Sobh


Il est toujours étrange de lire d’autres cultures, d’autres personnages, qui sont si loin de nous, si étrangers à notre propre construction, qu’une fois de plus, malgré tout, malgré soi, imperceptiblement, nous nous trouvons enserrés en nous-mêmes, comme refusés devant une porte universelle. Mais Maryam ou de le passé décomposé de Alawiya Sobh réussit à transcender ces crevasses intimes, ces manques, pour toucher cet humain en nous intangible et nécessaire. Et si nous sommes conscients de ne pas tout comprendre du climat, de ces descriptions, de ne pas nous souvenir des odeurs, ou de ne pas saisir le plein sens de ces termes qui nécessitent notes en fin de volume et références - qu’une bonne part du texte nous est inaccessible, nous lisons ces histoires de femmes avec émotion.

Mais ce ne sont pas seulement des histoires recomposées, un point de vue de femmes sur la guerre du Liban ou la société arabe – non, c’est bien plus, c’est une parole de femme. Un homme regarde (trop) souvent l’autre sexe avec incompréhension, dépassé devant cette autre grammaire. Et s’il aime un peu plus que de raison, peut lui importe : il accepte la totalité de l’être, entre renoncement et résignation. Maryam est plus qu’un livre en langue arabe – c’est un livre en langue de femme. Et ces émotions, cette force profonde, si profonde, si intense, déstabilisent l’homme occidental - il aime la femme orientale.

1 commentaire:

florence Meichel a dit…

Quand je te lis, je me dis que tu as l'art de faire du vide un plein...et c'est très beau !