mardi 16 octobre 2007

Vers l'Orient compliqué, d'Antoine Sfeir



Antoine Sfeir commence son ouvrage par cette citation, "Vers l'Orient compliqué, je volais avec des idées simples" - Charles de Gaulle. Et c'est bien le tour de force de ce petit livre (192 pages - à noter la qualité de cette collection des éditions Grasset) : nous donner un début de compréhension, quelques clés.

Le point culminant, la démonstration de l'auteur tend vers une thèse, l'expression d'un faisceau de présomption, sur le pourquoi de la guerre en Irak. Je vous laisse le découvrir, acheter ce court récit éclairant de la folie des hommes - 9 € et quelques petites heures de lecture, seulement. Parce que cela ne peut se comprendre, s'accepter que dans un réel effort plus large, plus dense qu'un simple post. Un élément cependant : la raison intrinsèque de l'engagement américain en Irak et des menaces sur l'Iran, n'est ni les hypothétiques armes de destructions massives, ni même le pétrole - bien que ce dernier élément ait sans doute pesé... Le plus étonnant dans ce déroulement, c'est que les américains, loin de manquer leur objectif, sont en train de l'atteindre... Le seul doute qui m'empêche d'adhérer totalement, c'est la propre subjectivité présuposée de l'auteur. Je me trompe sans doute, mais c'est là, présent quand même...

J'extrait cependant ce court passage : "Presque toujours, ces conspirations [dans le contexte, les théories du complot] concernent à un moment ou à un autre les Etats-Unis, responsables de stratégies très finement pensées. Aussi séduisantes que puissent être ces hypothèses (questions qui seraient parfois dignes d'intérêt, si seulement les réponses apportées n'étaient pas aussi légères), elles se trouvent immédiatement décrédibilisées par le simple fait qu'elles postulent une prise de décision claire et faisant l'unanimité. La construction de la politique étrangère américaine est tout le contraire."

Il y a ce qui s'explique, à la vue de tous, et que les médias traditionnels renvoient en échos ; ce qui est sous-entendu, induit, qui ne se dit pas, mais qui pourtant se comprend : chercheurs, spécialistes, experts, nous éclairent. Et il y a les véritables raisons, celles dont parler revient à définir le plan plus global, moins manichéen, plus complexe, mais qui s'avère être plus simple, peut-être, au final. Plus terrible, aussi. Conjectures, déductions, enquêtes, et thèses. Quelle est la part du vrai, du faux, de ce qui se chevauche, s'interpénètre ? Allié aujourd'hui dans un domaine spécifique ; concurrent, voire ennemi, dans la même laps de temps sur un autre plan... Complexité des relations internationnales, où les états sont des monstres froids sans orgeuils ni passions, mais où, pourtant, parfois, les relations humaines permettent de spetaculaires avancées... Kissinger rapportait ceci : "Je demande à Rabin (premier ministre de 1974 à 1977) de faire des concessions. Il me dit que c'est impossible, qu'Israël est trop faible. Alors je lui donne des armes, et il me dit qu'il n'a plus besoin de faire des concessions maintenant qu'Israël est fort."

Orient compliqué avec nos idées simples...

3 commentaires:

florence Meichel a dit…

Sur le même fil, j'ai aimé lire "Violence politique" de Max Pages ! :-)
http://www.edition-eres.com/resultat.php?Id=1226

Aurélie a dit…

Ca va faire midinette mais Antoine Sfeir est un client du cinéma où je travaille et il est fort sympatique.
J'aime beaucoup ses interventions dans C'est dans l'air, que je trouve généralement très éclairantes...
Je crois que je vais lire ce livre ! :)

Michel a dit…

Ben, si tu le croise, dis-lui que merci de ma part, d'un simple lecteur... Et tant pis si ça fait midinette, parce que souvent, il faut aussi être sincère... Non ?