lundi 21 mai 2007

Le cinéma, demain ? Non : aujourd'hui...


Deux articles du Figaro du 18 mai 2007,

Hollywood fascine les fonds d'investissement

Extrait - pour comprendre l'économie des Studios, et du cinéma : "Pour les spécialistes de la production hollywoodienne, « un studio perd de l'argent sur un tiers de sa production, en gagne beaucoup sur un autre tiers et équilibre à peine sur le dernier ». Un modèle financier qui séduit les marchés. D'autant que des intermédiaires efficaces proposent des bases de données permettant de croiser les performances des films et celles des professionnels du secteur."

En poussant le raisonnement un peu plus loin, la production cinématographique est aussi, peut-être même surtout, une gestion du risque, comme un assureur, ou plutôt, comme un promoteur, dont la question première est : comment financer le projet (le film) ; ou en d'autres termes, par quels montages juridiques et financiers, comment, aprés avoir mutualiser les risques, privatiser les profits.

Extrait : "Le cinéma européen doit faire face à une révolution financière. Il n'y a pas d'intermédiaires, ces facilitateurs qui font le pont entre les investisseurs et les distributeurs ou producteurs. Ce sont eux qui expliquent la logique d'investissement aux investisseurs appuyés sur des bases de données historiques qui donnent une idée précise des performances passées et font des simulations sur l'avenir. Même si elles sont toujours incertaines, ces projections sont indispensables pour les investisseurs. Mais l'inorganisation du marché européen pèse davantage. (...) Cette situation est-elle irréversible ?
Non, ne serait-ce qu'en raison du surplus d'argent qui cherchera à s'investir en Europe après la saturation du marché américain. Les bénéficiaires seront les sociétés de distribution ou les pro­ducteurs bénéficiant d'une distribution garantie, offrant une large gamme d'oeuvres à financer et sachant s'adapter aux requêtes et aux méthodes des investisseurs. Il est indispensable pour les ­producteurs et distributeurs européens de se doter de moyens financiers plus importants, déconnectés de toute variable fiscale ou contrainte de diffusion, pour préserver leur in­dépendance éditoriale et assurer leur capacité de développement."
Ces phrases sont importantes : de l'influence de la télévision sur le corpus cinéma...

Lire en parallèle, ces deux autres articles, paruee sur le site Ecran.fr (déjà mis en lien ces derniers jours pour le premier)


"Si le déluge techno a fait prendre un coup de vieux à la salle de cinéma, pousse-t-il Cannes et son marché vers les oubliettes ? Car cette cohabitation et cette concurrence forcenées des écrans ne répondent pas à la question essentielle : quels contenus pour nourrir ces fenêtres ? Sans aucun doute, le cinéma reste encore le fournisseur numéro 1 de cette tuyauterie. Il en est même tout à la fois le parangon et le produit d’appel. Quand Sony lance sa PSP, console de jeux portable, il n’oublie pas de l’équiper d’un écran d’excellente définition pour permettre d’y regarder des films dans de bonnes conditions. "

"S’interroger sur ce que sera le public de demain, c’est se demander ce qu’est à proprement parler la pratique du cinéma. Parler de la pratique d’un spectateur qui fréquente le cinéma ne suffit pas. Il faut aussi que le cinéma représente quelque chose qui compte pour lui. Une pratique, c’est à la fois une fréquentation et une représentation."
Ces articles - quatre en quelques jours - sont autant de confirmations, de ce sur je pressens maladroitement depuis plusieurs mois (voire, des années) : tout est lié : les révolutions technologiques, sociologiques et artistiques, ne forment qu'un seul et unique mouvement, aux ramifications plus intimes, les plus prégnantes de l'Homme.

Mais comment "offrir une large gamme d'oeuvres à financer et sachant s'adapter aux requêtes et aux méthodes des investisseurs" ? Quelle réponse, Mister Fred apporter à cette question ?

2 commentaires:

florence Meichel a dit…

Bonjour Michel

Oui tout est lié...même google le dit ! lol
http://florencemeichel.blogspot.com/2007/05/google-tout-est-li.html#links
Bonne journée !

Cedric a dit…

Mais au fait vous en êtes où de votre boite de prod ?