mercredi 14 mars 2007

Ice (v.1.1)

Contexte

Prise record de 3,3 tonnes de cocaïne
"C'est un gigantesque réseau de drogue qui vient d'être démantelé par des policiers et gendarmes rennais et espagnols.
3,3 tonnes de cocaïne sur le pont du "Spes Nostra"
Un yacht arraisonné au large des Canaries avec 3,3 tonnes de cocaïne à bord, un truand nantais repris la main dans le sac, 14 personnes arrêtées, dont 5 Français, c'est un des plus gros coup de filet jamais réalisé par les services de police français et espagnols. A la tête de ce trafic international, une figure du milieu nantais, Alain Coellier. Celui qu’on surnomme le « Petit Alain » a déjà été emprisonné plusieurs fois. Grand truand nantais depuis longtemps impliqué dans divers trafics, il est connu pour des braquages et même un rapt d'enfant qui avait fait grand bruit en 1987. Les gendarmes de la section de recherche de Rennes le suivaient à la trace depuis plusieurs mois. Ce vendredi le procureur de Rennes a évoqué les suites judiciaires de ce trafic de drogue entre l'Europe et l'Amérique du sud.
Un trafic gigantesque
Plus de trois tonnes de cocaïne pure, d'une valeur marchande estimée entre 150 et 200 millions d'euros. C’est le butin saisi cette semaine sur un voilier au large des îles Canaries dans le cadre d'une enquête franco-espagnole, menée notamment par les gendarmes à Rennes. Cette saisie, l'une des plus importantes réalisée par des enquêteurs français, a été effectuée à bord du "Spes Nostra", un yacht de luxe arraisonné par la marine espagnole le 26 août.
"C'est un gigantesque réseau entre l'Amérique latine et l'Europe qui a été cassé", a indiqué le colonel Hubert Bonneau, commandant de la Section de recherche de Rennes, qui a mené l'enquête avec la police espagnole et l'Office central de répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis). (…)"


Concept - Ice

Ice est l’histoire d’un service parallèle ne répondant qu’aux plus hautes instances de l’Etat – en fait, qu’à un seul personnage : le conseil particulier du Président de la République pour les affaires de renseignement. Implacable, en marge des services officiels et des barrières nationales, son unique objectif est la neutralisation et le démembrement des plus importants trafiquants de drogues de la planète opérant en France (et en Europe). La particularité de cette officine, le Service 7.4, se situe dans ses moyens et sa latitude d’action, mais également dans sa constitution. Elle assemble, agrège, un effectif d’une petite dizaine de personnes, venues d’horizon divers : de la DGSE (Service 7, Service Action…) ; des Douanes ; de la Brigade des stupéfiants ; de la banque d’affaires ; un hacker… Et un diplomate. Des hommes et de femmes, des spécialistes, dont les motivations sont autant la lutte contre le crime que l’action - exister par l’adrénaline. Chacun apporte sa compétence et sa personnalité, mais aussi ses propres réseaux et connexions, démultipliant les possibilités et les opportunités du Service.


Pitch des 13 épisodes (saison 1) - Ice

Quelques personnages- Ice

Dennis [ ] : Responsable du Service : Agé d’une soixantaine d’année, extension de Dennis Dayle (Cf. L’Empire Clandestin de James Mills) et de George Smiley, le héros des romans de John Le Carré (La Taupe, Comme un Collégien et Les Gens de Smiley) - discret, peu disert, direct – seul, doté d'une redoutable intelligence, d'autant plus redoutable qu'elle ne se devine pas à le voir, doté d'une mémoire "sur laquelle il vit" depuis plus de trente ans, d'une intuition suraigüe, pragmatique, de complexes d'infériorité car il est petit et rondouillard, d'un complexe de supériorité car il se sait plus intelligent que ses adversaires, il cloisonne sa vie en tiroirs successifs et contradictoires. C'est le seul à connaitre personnellement ses collaborateurs, c'est le seul qui fait le lien entre eux. Aprés chaque mission, chacun retourne à son existente propre. Leur unique lien, c'est
Dennis.

Emma dite ‘Lumière’ : 30/35 ans, blonde, brune, rousse, châtain, belle ou laide, sexy ou transparente, Lumière ressemble à ses imitateurs dont on écoute avec plaisir les performances vocales sans toutefois connaître ni la véritable personnalité ni la voix. Largement inspirée du personnage de Sandrine Kiberlain dans Les Patriotes d’Eric Rochant (pour la dématérialisation de la sexualité) et du personnage féminin d’Histoire Secrète du Mossad de Gordon Thomas (pour l’aspect professionnel d’un agent féminin), Lumière ne parle pas des ses sentiments – elle semble ne pas avoir d’avis (moral) sur les choses. Elle s’exprime dans ses rôles successifs aux grés des missions et des objectifs – ne refuse rien : mentir, tuer, trahir, coucher… si l’objectif est pour le bien, ou ce qu’elle pense être le bien. De ses déguisements succéssifs, elle semble se perdre, mais en faite elle s'épanouie dans "la liberté qu'elle trouve dans les interstices de la normalité".

François de Callières : Grand, élancé, ascétique à l’humour so british, héritier tant du patronyme que du caractère de son illustre ancêtre, François de Callières est un diplomate générationnel en quelque sorte. S’il répugne à la violence, la vie se raye néanmoins comme une faute de frappe : d’un coup de plume. Il est la conscience réal-politique du Service : atteindre l’essentiel (les enjeux de pouvoir, les grands mouvements) en traquant l’accessoire (le but factuel de l’opération). Sang froid à toute épreuve, il est celui qui négocie, qui pense au coup d’après.

Geek : solitaire, technophile, c’est le hacker. Il n’a pas de nom et s’exprime principalement par de simples grognements. Absorbé par ses pensées, il lui arrive, par exemple, de se raser la moitié droite du visage, laissant l’autre partie pour plus tard… Il n’est ni nerveux ni calme – il est dans le Réseau… Son enveloppe charnelle n’a que peu d’importance à ses yeux – ne possède rien, il dort, mange, se douche (un peu) dans son bureau. Le Service lui donne l’opportunité de se réaliser pleinement – la lutte contre la drogue, il s’en fout un tantinet (« ça n’en fait bouger une sans m’en faire bouger l’autre ») : c'est un joueur, ultime, concentré - ses écouteurs sur les oreilles, il ne vit pas par procuration, mais à l'intérieur d'une autre réalité, virtuelle pour nous, mais bien réèlle, pour lui.

Episode 1 - 24 heures
Chronique des 24 heures précédant l’opération, jusqu’à l’opération elle-même : interception de plus de 3 tonnes de cocaïne. Préparatifs (mise en place des postes avancées), stress, action final - présentation des personnages principaux (bons et méchants) par l’action : Dennis, s'active dans la coordiniation, les choix rapides, la centralisation de l'ensemble des données ; Emma, c'est l'agent de terrain : rapide et implacable dans l'exécution ; Geek, tout entier dans la gestion techniques de l'opération... L’opération sera un échec...

Episode 2 – Un Petit Dealer

Le Service suit pas à pas, en ethnologue patient, l’acheminement de la drogue, de A à Z. Du producteur au consommateur, en quelque sorte : présentation de la principale organisation ciblée par l’action des protagonistes…

Episode 3 – La Blessure d’un Président
Comment est né le Service. De la volonté personnelle, intime, du chef de l’Etat, touché dans sa chair (cf. Trafic de Steven Soderbergh) : éteindre le feu par le feu de l’enfer, se faire Dieu avec les armes de Satan. (cf. Danger Immédiat de Phillip Noyce, -1984- avec Harrison Ford, adapté du roman de Tom Clancy).

Episode 4 – Le Grisby
Où comment le Service se finance - une plongée en apnée dans l’univers de la haute finance et du blanchiment : la captation de l’argent des Organisations. Opération : réussie

Episode 6 - Liquide
Ca commence par un meurtre. De l’utilisation des voies fluviales pour l’acheminement de la drogue : go-fast sur l’eau, d’Amsterdam à Paris… Courses poursuites, 52’ d’action pure, en temps réel. (cf. Amsterdamned, film de Dick Maas – 1986 ; et C’était un Rendez-vous, court métrage de Claude Lelouch – 1976) Opération : réussie.


Episode 7 - Géopolitique du Chaos
Action du Service dans un pays ami d’Afrique du Nord : de l’application concrète de l’aspect géopolitique – et d’un « rien à foutre » présidentiel en marge d’un sommet d’Etat. (Opération soumise à la realpolitik : échec – quoique…)

Episode 8 – Marketing nasal
Des hauts plateaux colombiens, des entrepôts du Mexique… aux rues de Paris : ou comment la cocaïne se démocratise par une démarche marketing adaptée à l’air du temps… Opération : réussie.

Episode 9 – Pavot
Du triangle d’or, d’Hong-Kong… aux rues de Paris : pénétrer au cœur des Triades. Opération : échec (Spectateur impatient, le Service restera à la marge, en dehors. Cf. Trinités de Nick Tosches.)


Episode 10- Une syndication
Comment se finance un trafic… Prise de participation du Service dans un deal pour mieux en contrôler l’écoulement et les ramifications… Opération : réussie. Enfin d’un certain point de vue…

Episode 11 – Manpads
Armes contre drogue : mêmes routes, même palaces, les mêmes personnes… même argent. Mêmes secrets. Petit voyage en Transnitrie. Opération : échec.

Episode 12 – Costa del Sol
Sea, Sex and Sun pour le milieu français sur la Costa del Sol : où l’on retrouve de vieilles connaissances (flash-back).

Episode 13 – Le Secret des Secrets
Il existe un secret connu du seul responsable du Service. Révélé à la fin de la première saison - il l’éclaire, à postériori, tout en préparant la saison suivante… Cf. l’auteur de cette note.


Deux axes. Chaque épisode raconte une spécificité du trafic de drogue, en développe un détail particulier (la syndication des opérations de trafic, l’échange ‘armes contre drogue’, le blanchiment…). Chaque histoire peut donc être développée indépendamment. Parfois l’opération de neutralisation réussie, parfois, elle échoue. Et puis, en fil rouge (particulièrement sur les épisodes 1, 3, 12 et 13), nous avons la lutte contre la principale organisation, l’évolution des personnages et du Service…



Note d’intention - Ice

Ce concept est assez simple, finalement : faire Miami Vice (le coté cheap en moins) – des flics infiltrés - avec un peu de FBI, Portés disparus – une déclinaison d’un type de problématique (là, les disparitions, ici le trafic de drogue) par la création fictive d’un service dédié – un peu des Experts – chacun des personnages principaux est un spécialiste – et, pour la morale toute particulière et la forme : The Shield et 24 heures. Ancrée dans la réalité, Ice a pour ambition d’être au-delà de la fiction : une expression de la réalité, dans chacune de ses facettes.

Image & Musique
L’image : en DV, caméra à l’épaule. (Mettre en parallèle la durée moyenne de chaque plan de Miami Vice de Michaël Mann et la sobriété éthérée des films de Melville.). Parce que la recherche dépasse toute ambition et imagination, l’intérêt d’une fiction de ce type est dans le respect scrupuleux du possible et du concret, au plus prêt (physiquement) des hommes. Pas d’effets pyrotechniques faciles : la violence (nécessaire) est brève, brutale : attendue. Dans une optique d’efficacité, il serait utile d’associer dés l’écriture, le directeur photos et le directeur musique (pour la musique, les derniers morceaux de rock). Peu de dialogues, peu de paroles : la tension est la résultante de l’histoire même, de la structure du récit, de la densité des acteurs, de l’image et du son. Tout compte fait, si le spectateur ne comprend pas tout, cela n’a pas grande importance : au contraire, cela renforce l’histoire.

Auteurs pressentis
L’idéal serait d’assembler un pool d’auteurs (entre 5 et 6), sous la direction conjointe du producteur et du réalisateur. Chaque auteur aurait un ou deux personnages principaux à faire vivre et à défendre, en contact avec un conseiller technique particulier pour chaque détail, eux-mêmes sous la supervision d’un conseiller technique général. Seuls le producteur, le réalisateur et le conseiller technique principal, auront une vision globale de l’évolution de la série et du Service. L’objectif est de créer dés le stade de l’écriture les sentiments (frustration, envie, violence rentrée…) intimement liés à ce type de Service et dus pour l’essentiel à l’enfermement et au cloisonnement… Les auteurs se doivent d’être les premiers acteurs de la série.


Post-scriptum

Deux éléments :

- Je peux vous fournir en fichier PDF des extraits du livre de James Mills, L’Empire Clandestin, Albin Michel (1986). Vous constaterez que la fiction d’un service à-côté des organes officiels est moins saugrenue qu’il n’y parait… (En fait, c'est le sujet du livre...)

- Je livre à votre réflexion une phrase de l’ouvrage Trafics d’armes de Laurent Léger, Flammarion (septembre 2006), page 34 : « Conclusion évidente, selon l’ancien espion : ‘Si on voulait stopper tous les trafics d’armes, ce pourrait être fait en dix-huit mois. On pourrait très facilement tarir les réseaux d’alimentation. Mais il faut savoir qu’en enquêtant sur les trafics d’armes, on tombe toujours sur d’autres trafics : drogue, financement politique ou autres.’ »



A noter la minisérie anglaise, produite par la BBC, TraficLe sang du pavot (1989)

A voir également, l’émission d’Yves Calvi, C dans l’air sur France 5, du 1er décembre 2006, et intitulée La Mafia, puissance mondiale. En particulier, le troisième reportage sur les actions conjointes des polices françaises et espagnoles pour le démantèlement d’un trafic de drogues, ainsi que certains commentaires des invités sur comment lutter contre la Mafia – bref, l’ensemble de l’émission donne un cadre on ne peut plus actuel à ce concept…

Quelques définitions…

- Ice : Cette drogue se présente sous forme de cristaux transparents, volumineux, semblables à de la roche, sans couleur et sans odeur. Elle tire son nom principalement de son aspect, que l'on a également comparé à du verre cassé, du sucre candi, à du sel hawaiien où à des morceaux de glace.

- Service 7 : Département de la DGSE chargé des opérations les plus spéciales et les plus occultes.

- Go-fast : Le principe du « Go fast » consiste à transporter des marchandises de fraude à très grande vitesse dans des véhicules de grosse cylindrée, souvent volés, pour déjouer les tentatives d’interception des forces de l’ordre.

- Manpads : missiles tirés à l'épaule (MANPADS - Man Portable Air Defense Systems).

- Transnitrie : Micro-Etat coincé entre la Moldavie et l'Ukraine, la Transnitrie est indépendante depuis 1991. Plaque tournante du trafic d'armes international, c’est une dictature néo-communiste, un trou noir au cœur de l'Europe, paradis pour les trafiquants, les terroristes…

9 commentaires:

laurie a dit…

J'ai tout lu. L'ennui est que je n'ai pas vu Miami Vice, qui a l'air d'être une réf de taille... Mon avis, clairement :
Je trouve ça bien comme série à l'américaine, tout y est, le concept est bien... Tout est presque trop bien (mais moi, j'aime bien les trucs bizarre), j'aurais envie de lire des petites touches décalées, ou un détail précis qui fait que cette série sort du lot (genre, chaque épisode est un plan séquence), pour que, si sur une table j'ai le choix entre ice et une autre, ice retienne plus mon attention que l'autre... j'espère m'être exprimée assez clairement, c'est délicat et fragile le travail des autres. En tout cas, ne t'arrête pas là, j'ai envie d'en savoir plus.

Michel a dit…

Non seulement c'est clair, mais c'est un trés bon conseil - une idée que je vais m'empresser de te piquer !

Denis a dit…

Le message n'est pas passé ?

Donc en résumé : le personnage d'Emma est le seul pour lequel tu n'as pas indiqué ce qui la motivait.

Et "démembrement" est-ce bien le mot que tu voulais utiliser ? (je n'ai pas vu de personnage de tortionnaire...) Ou plutôt démantèlement ?

Michel a dit…

1) Quel message ?
2) Pour les motivations d'Emma - suis passé à coté (vais lui poser la question).
3)Pour le mot, c'est un lapsus - mais je laisse tel quel - j'aime finalement bien l'idée, même si elle est involontaire. Cf la définition suivante http://dictionnaire.la-connaissance.net/dictionnaire-definition_mot-demembrement_3_d_e_20572.html
Merci pour la lecture attentive (c'est comme ça qu'on progesse, qu'on répond, qu'on cherche...)

Denis a dit…

1) Mon premier message qui n'est pas passé... je croyais que tu modérais à priori.

2) ah ah... je voulais dire qu'à part pour le bien de l'humanité, on se sait pas se qui la pousse à être dans l'unité.

3)
démanteler
(verbe transitif)
Détruire les fortifications.

> démembrer
(verbe transitif)
Découper un corps par membres.• Diviser les parties d'un tout.

Cedric a dit…

Moi, c'est donc ma seconde lecture, et même si le contexte de la série est toujours aussi intéressant, l'ensemble manque toujours cruellement d'humain. Et c'est marrant parce que c'est comme si c'était inhérent à ce projet. Dennis est pragmatique, Emma ne parle pas de ses sentiments et ne semble pas avoir d'avis sur les choses, François a du sang froid et Geek n'est ni nerveux ni calme et "s'en fout un tantinet"...
Comment peut on aimer ces personnages ? Où est l'identification face à des personnes qui ne sont, pour le moment, que des missions ? ca va plus loin que l'objectif dont parle Denis, il faut une véritable incarnation. Mais je comprends bien aussi que c'est pour cette raison (entre autre) que tu souhaitais que cela soit développé par des scénaristes professionnels.

Et comme la référence est Miami Vice, je rappelle au passage que Sonny est une ex vedette de foot américain qu'une blessure de guerre a forcé à laisser tomber une carrière qui s'annonçait prometteuse, qu'il est en pleine procédure de divorce et qu'il n'est pas là pour son fils... Je précise également que Ricco est un déraciné de New York qui est à Miami, au début, dans le seul but de venger la mort de son frère...

Voilà voilà... mais tout cela n'est que mon avis... :)

Michel a dit…

Réponse à Denis : sur l'emploi du verbe, rien à foutre, je le garde quand même (même si tu as raison question grammaire.)
Raison pour Emma : "la liberté qu'elle trouve dans les interstices de la normalité"

Réponse à Cédric : suis globalement d'accord. Je lis actuellement le livre en référence (Citoyen Clandestin). Lisez le également. Vous vous apercevrez que "l'humain" n'existe pas dans la plupart des personnges principaux - à peine les dans les personnages de "décors". Dans ce monde, il n'y a pas de place à l'histoire personnelle apparente, le sentiment, l'être - sinon, c'est le néant, la mort assuré. Je suis dans ce contexte. Pour eux, le reste : rien à foutre. Avez vous lu John Le Carré ? L'humain transparait dans le détail. Sans doute ai-je manqué de les agrémenter de ce type de détail. Une voix, une inflexion, un geste... J'y veillerai la prochaine fois. Ce que j'aurai du faire, c'est inclure les personnages dans les épisodes (conseil de Sysiphe). C'est la mise en situation, en action, en mission qui révèle. Une fois en mission, un mur s'édifie plus solide que du titane. J'ai pas eu le temps - suis partie sur autre chose (notre projet) ou mon propre scénario. Ice, Equité, Prisme ou Une Chanson Féminine sont autant d'apprentissage - comme vos conseils.
La discussion est intérressante. Sincérement, merci.

Et ben, vous en aurez d'autres

bertrand a dit…

Je rejoins un peu Cédric : l'intérêt des personnages réside tant dans leurs missions que dans ce qui les a poussés à choisir cette voie, mais également dans leurs à-côtés, dans ce qu'ils font "après", de ce à quoi ils pensent d'autre. Un ressort scénaristique intéressant consiste à créer une ou plusieurs intrigues secondaires en plus de l'intrigue principale. Surtout, surtout, si les 2 sont contradictoires. Denis peut être amoureux d'Emma et avoir du mal à gérer cela car lui-même interdit formellement à son équipe de tisser des liens affectifs ou amicaux. Emma profite du service pour essayer de retrouver un parent disparu. François est un agent double sans cesse sur le point d'être démasqué. Geek doit faire face à une dépendance dangereuse pour son travail et son équipe (drogue, alcool...) Une seconde couche sur les personnages les étofferait peut-être assez pour leur donner cette dimension humaine d'autant plus importante qu'elle semble foncièrement exclue de cet univers, et donc d'autant plus exacerbée. Plus l'humain est interdit, plus il lutte pour survivre et profite du moindre interstice.
Perso, ce qui me rend Tony Soprano attachant n'est pas qu'il puisse abattre un de ses amis de sang froid, mais qu'en plus il flippe quand des canards squattent sa piscine ou qu'il s'inquiète des études de son fils, de la santé de sa maîtresse, des dérapages de son neveu, etc...

bertrand a dit…

Autre chose, excuse-moi : il y a une "couleur" foncièrement attachée au pays dans lequel se déroule une série. Pour la France, la couleur est plutôt fade à mes yeux. Je fais un bond d'une discipline artistique à une autre, mais qui pourra éventuellement te donner quelques pistes : les romans de Djian ne sont jamais situés. Ils peuvent aussi bien se dérouler en France qu'aux Etats-Unis ou n'importe quel autre pays occidental, voire dans un pays totalement inventé. Ne pas situer ne contraint pas, mais ouvre au contraire des libertés phénoménales, et fédère des thèmes universels. La couleur s'en trouve alors plus rayonnante.