Madame,
Dubitatif – j’ai lu au hasard de mes pérégrinations à la Fnac, votre livre A la recherche du Royaume. Et je voulais vous remercier.
La vie met parfois sur notre chemin un assemblage de livres, de rencontres, qui sont autant de réponses, parcellaires, qui se complètent, se répondent, se répartissent un tout, complet. Il faut juste être à l’écoute, attentif. Je l’ai été à votre voix. Et quelle voix ! Après les entretiens de DOA, sur le site internet de Gallimard, vous m’êtes apparu comme une pièce nécessaire, indispensable à ma propre construction.
De mon contexte personnel, je cherche à écrire, comme tant d’autres – je cherche, je suis emplis d’un trop plein obsédant, qui m’annihile, un trop plein de mots, de sensations, d’observations – trop concentré, trop autocentré, aussi. Je n’ai pas de plaisir à écrire, pas de plaisir à faire lire, pas de plaisir à espérer. Aussi étrangement que cela paraisse, mais votre livre est venu à moi comme un chemin à suivre, un exemple, qui recentre vers l’essentiel : écrire est une quête intime.
J’ai aimé vos fulgurances : « Je me réveille après trois heures de sommeil. Le personnage de Pereira me poursuit. Je suis persuadée qu’il était agent secret. Vrai ou faux, je m’en fous. Si je l’écris ce roman, il sera espion. » « En somme, je lâche prise. C’est sans doute qu’au fond de mon inconscient, le roman commence à se former. » Et mon exemplaire est corné, noté, maltraité, plein de coups de crayon.
C’est bien court, trop à l’étroit. La forme est trop simple, et maladroite. Mais voilà : merci.
Post-scriptum : j’aime aussi votre lecture de Borges – elle est intelligente, mais plus encore : elle est sensible. C’est un bonheur.