mardi 9 octobre 2007

TF1 - in situe

Après la défaite de l'Hopital - et comme contribution ultime - on passera à autre chose, c'est promis - , je ne résiste pas mettre en exergue ce commentaire d'un scénariste émérite, et sévissant sur la toile sous le doux pseudo de Sisyphe...

"Après être passé dans la machine TF1 en début d'année (très belle machine, d'ailleurs : tu y mets des produits frais, en sort au final une sorte de plâtrée sans goût, c'est fascinant. Le processus de stérilisation a paraît-il été élaboré par le département de recherche du MIT), j'ai décidé de bosser sur des trucs qui me tiennent vraiment à coeur. Donc oui, je vais très très bien..."

Deux trois commentaires sur le commentaire (eh, eh, tout se recycle, rien ne se perd...) : à force de vouloir plaire à tous, on ne plait à personne ; à trop aseptiser, rien ne survit ; à trop penser, rien ne résiste.

Bon courage - et faire ce qui nous plait, voilà un vrai choix de vie étrangement plus difficile... Tout comme moi, en fait. Le talent en plus.

samedi 6 octobre 2007

R&B Blitz de Ken Bruen

Avant la semaine dernière et la chronique de Bernard Poirette sur RTL, je ne connaissais pas Ken Bruen, ni ses salauds d'inspecteurs Roberts & Brant.

Après la lecture exigeante de La Passion selon Juette de Clara Dupond-Monod (j'y reviendrai - j'ai beaucoup, beaucoup, beaucoup aimé...), un peu d'air noir et frais m'a fait du bien. M'a revigoré.

Nous voilà donc au coeur de Londres, un type se fait tueur en série de flics, et les inspecteurs R&B ne vont pas bien du tout - le premier chapitre, Brant chez le psychologue de la police, m'a fait rugir de plaisir et de bonheur, bondir de joie sur ma banquette de RER. Enfin, j'ai la réponse à ma question existentielle : 'pourquoi que je n'aime pas les psy.' Et comme souvent dans les romans noirs, l'histoire n'a que, sincèrement, peut d'importance - les personnages, l'ambiance, le style... tout cela est bien plus symbolique qu'une enquête policière, si complexe soit-elle. L'Homme est le principal objet du récit. Le reste, ma foi...

A lire cet article sur le très bon site polarnoir.fr... Il raconte mieux que moi, alors pourquoi me fatiguer ? Non.

Juste la citation introduisant l'un des chapitres, comme çà pour le fun :

"L'évolution d'un personnage n'excite pas. Il y a un personnage et il y a une évolution. Je ne sais pas où il se rejoignent. Au début d'un film, un type hait les Noirs et, à la fin, il saute une Noire ; c'est l'évolution de son personnage. Bon, merci beaucoup. Est-ce que j'ai vraiment passé toute ma vie d'adulte à apprendre ça ?" Smoking in Bed, Conversation with Bruce Robinson, auteur, scénariste, réalisateur et acteur britannique.

mercredi 3 octobre 2007

99 F, Frédéric Beigbeder


99 Francs de Frédéric Beigbeder n'est pas le roman anti-publicitaire, une critique acerbe d'un milieu, mais bien plus celui de la vacuité absolue, de notre monde, de notre existence : de nous.
Les 100 premières pages sont amusantes, causitiques plus que cyniques, assez souvent jouissives. Mais, une fois passées, le livre, le récit, les personnages, l'entrisme publicitaire, l'histoire - mais existe-t-il réellement une histoire ? -, tout tourne en rond, sur soi, entre soi ; comme notre monde, le livre devient un chien qui court après sa propre queue...
Alors, nous pouvons retenir : la cocaïne, le sexe au tout venant et à tous les vents, Miami, les réunions guerrières de marketing au jargon incompréhensible, etc. Et que tout part très vite en vrille, Octave, Maigrellete, les indications économiques (budget de bidule, chiffre d'affaires de truc...). Nous pouvons nous en amuser. Puis oublier. Et c'est plaisant, parfois brillant.
Ou bien, nous arrêter sur la citation suivante de Bukowki que l'auteur met en exergue, "Le capitalisme a survécu au communisme. Il ne lui reste plus qu'à se dévorer lui-même." Just do it.
Je crois que je deviens nihiliste.