dimanche 25 mai 2008

Je change d'adresse : mon blog se poursuit à cette adresse...

Affinités éclectiques


A bientôt, j'espère...

mercredi 30 avril 2008

M@nuscrit

Je n'avais pas prévu d'en parler sur ce blog - je ne sais pas, un reliquat de pudeur. Mais bon : le manque d'inspiration, d'envie. (Je n'ai même pas actualisé l'image du livre en titre de lecture quotidienne - longtemps terminé, il y en eu depuis tant de passionnantes : j'y reviendrai. Ou pas.)

Mais en fait, un commentaire d'une personne prénommée "Véra" me laisse... perplexe.

Depuis quelques temps, l'éditeur Léo Scheer met à disposition des internautes, sur le site internet de sa maison d'édition, des manuscrits "d'auteur" inconnus - avec tous les guillemets possibles. Dont moi : hé, hé, fallait bien que j'envoie quelque chose, un truc, un recueil des textes disponible ici bas.

Donc, voilà, un post pour ne rien dire... si ce n'est vous incitez à aller me lire ailleurs. Ou pas.

jeudi 24 avril 2008

Christina, Anaïs


Bon, comme je n'arrive pas à écrire - rien, le vide qui dure... alors une petite chanson...

mardi 25 mars 2008

En deux mots, s'il vous plait...

A une éditrice qui me demandait si j'aimais être juré du Prix des Lecteurs, je lui répondait "non". Surprise, elle me demanda pourquoi : "Parce que ça me contraint à lire des livres, et que si c'est une expérience pour moi extra-ordinaire (en deux mots, s'il vous plait), je la conçois comme devant la rester." S'il y a certes des rencontres formidables que je n'aurais pas faites, reste cependant l'obligation - certes douce, agréable et volontaire...

Je ressens aussi l'obligation morale de lire les livres que le Littéraire m'envoie... Mais à
un moment, il faut s'arrêter de lire, pour "oser écrire" - oui, oser est bien le mot. L'achat de livres grève mon budget, mon temps et mon énergie que parfois je suis capable de rien faire d'une force... Et pourtant, le fait de dépenser me donne le droit de ne pas lire, de prendre pour moi le risque d'être déçu, et de ne pas poursuivre. J'en viens à être content de n'avoir à répondre à personne si ce n'est à moi-même. Et çà me va.

Aujourd'hui, j'ai acheté (rubrique bouquins):

- Tractatus logico-philosophicus, de Ludwing Wittgenstein (Gallimard).

- La pesanteur et la grâce (Pocket), ainsi que les Œuvres rassemblées dans la collection Quarto (Gallimard), de Simone Weil.

- Histoire universelle de la destruction des livres, de Fernando Baèz (Fayard).

- et San Quentin Jazz band, de Pierre Briançon (Grasset).


Une de mes scènes de cinéma préférée représente Robin, une sculpture de Camille Claudel dans les mains. Il se demande : "Qu'a-t-elle ce que moi, Rodin, je n'ai pas ?". Je révise mes nouvelles - et peut-être est-ce la seule vraie question qui me hante, moi qui ne suis ni Rodin, ni Camille Claudel...


dimanche 23 mars 2008

Les 1001 vies de Billy Milligan, de Daniel Keyes




Sur ce lien, l'article écrit pour le Littéraire.com sur le livre de Daniel Keyes, Les 1001 vies de Billy Milligan.

samedi 22 mars 2008

Formation, de Pierre Guyotat


Il est des livres que nous sentons - plus sensiblement qu’avec raison - que la littérature, c’est çà. Mais bien souvent, ces ouvrages nous sont inaccessibles. « Ils sont plus forts que nous » disait Daniel Pennac. Ou trop loin, trop intelligents, trop hauts. Trop différents, peut-être. Comme Ascension de John Coltrane, Formation de Pierre Guyotat déroute. Un seul mot vient à l’esprit : dissonance. « Je l’ai écrit (…) à l’indicatif présent. Les sentiments, les interrogations, les pensées sont d’un enfant (…) – les idées, les convictions, les tourments qui s’y manifestent sont ceux de son entourage, de son temps, dans ses lieux. » Mais l’homme qu’il est aujourd’hui parle simultanément avec l’enfant qu’il était. Entre deux émois d’une sexualité naissante, entre deux scènes de la vie familiale, Pierre Guyotat décrit aussi les idées, les convictions, les évènements, les sentiments, les actions, dans une perspective et une analyse inconnue à l’époque (rafles, Camps, actions de tel ou tel personnage historique…). Ce livre est un ensemble où le présent se confond avec des flash-back et des flashforward permanents, presque d’une phrase à l’autre, d’un paragraphe – son ‘présent de l’indicatif’ contracte le temps. Le passé, le présent, le futur antérieur, se chevauchent, s’amoncellent, ce fusionnent et s’enchaînent - créent le chaos. La dissonance. Comme le free-jazz nous fait apprécier le silence tout en nous emportant dans des contrées inconnues et fatales, Formation est un livre troublant, un conflit intérieur transmis à nous lecteur. De la littérature, pure.

jeudi 20 mars 2008

Le Seigneur de Bombay, de Vikram Chandra

Lire Le Seigneur de Bombay en heure de pointe dans le métro ou le RER – comme 99% de ses lecteurs parisiens - est un acte déraisonnable. Ses 1265 grammes vous déboîtent l’épaule, et ses 1000 pages vous écrasent – mais comme le dit un personnage de Romanzo Criminale, ‘il aurait été sage de le replier. Mais depuis quand sommes-nous sages ?’ Le talent de Vikram Chandra nous impose ces efforts, le transfert psychique dans cette aventure de goudron et de cendres. Et peut-être même le roman est-il trop court. L’auteur déploie ses personnages, sa ville, son pays tout entier, avec amour, affection, presque avec tendresse, il leur donne sang et pulsation. Oui, ‘il nous place au point modal d’un réseau, à l’intersection des lignes d’énergie qui parcourent l’Inde, qui bourdonnent, tournoient et changent de forme’. C’est un livre monde, un livre monstre, une épopée intime, un grand roman populaire. Plus que l’enchaînement des histoires et des genres (polar, espionnage, thriller, amoureux), Vikram Chandra s’attache à l’histoire de chacun de ses personnages broyés dans le magma de l’Histoire. Il prend son temps, leur accorde toute son attention, il développe leur existence avec mille détails jamais superflus, milles inflexions, milles facettes. Ils s’agitent, parfois, interagissent, toujours, dans un ensemble où chaque acte est un battement d’ailes de papillons qui mène au chaos. D’Harry Potter à la trilogie Millénium, Le Seigneur de Bombay est un de ces livres qui donnent à aimer la lecture par son amplitude à hauteur d’homme. « Les gens n’aiment plus lire » nous dit-on. En êtes-vous bien sûr ?

dimanche 16 mars 2008

Le salon du livre 2008

Je ne suis pas un habitué du Salon du Livre - trop de monde, trop de livres, trop peu de temps. Mais, comme nous étions invités dans le cadre du Prix des Lecteurs de L'Express à rencontrer auteurs et éditeurs... et bien, j'ai osé prendre ma journée - et déambuler.

Je ne vous livre pas mes réflexions - que du bon, que du bien, un vrai moment rare. Je suis un lecteur compulsif, peut-être même une sorte de collectionneur de volume. J'en achète bien plus que je peux en lire - c'est comme une drogue. Aujourd'hui n'a pas fait exception.

La passion selon Juette de Clara Dupont-Monond est pour moi le plus beau livre que j'ai lu ces dernières années - même si c'est un avis très personnel, très intime, je conçois qu'on ne soit pas d'accord. Mais c'est ainsi, je n'y peux rien. Je voulais juste dans la séance dédicace lui faire signer quelques mots. Et j'ai eu la chance de lui parler quelques instants...

Une amie (qui m'est très (très) chère) aimait plus que tout
Les ailes du désir de Win Wenders. Un jour, elle le rencontre,et prise d'émotion, elle ne peut rien dire. Emu lui-même, peut-être même aussi un peu pris de cours, le réalisateur allemand l'a pris dans ses bras. Tout çà pour vous expliquer dans quel état d'émotion j'étais.

mardi 11 mars 2008

(Suite au commentaire de Flora)

J’ai toujours pensé que (parfois) la rencontre entre un livre et soi, c'était comme la rencontre entre deux personnes qui ne devaient jamais se parler, mais qui au hasard, se livrent l'une à l'autre. Et souvent, ce sont les plus belles des rencontres. Alors, « l'intelligence » feinte n’a aucune importance. Je suis de plus en plus réservé devant ‘la critique’, l'analyse et le reste – les études, les commentaires talmudiques des œuvres - : ce qui m’importe, c'est ce qu'on transmet, ce qu'on a compris, et ce qu'on veut faire partager. L’exégèse m'ennuie, elle m’est presque indélicate. La rencontre et ce qui nous change, çà c'est important. Même sur des détails, même sur ce qui est accessoire. Se concentrer sur un domaine – la Littérature, les essais, les Classiques, même un sujet… renier, défier autrui : c’est faire un choix. Et je n’y arrive pas. La sincérité, puis la relation – et enfin, la transmission, c'est ce qui m'importe.


J’ai lu récemment Les livres que je n’ai pas écrits de George Steiner, Des os dans le désert de Sergio González Rodríguez, deux essais sur l’avenir du livre et Les 1001 de Billy Milligan de Daniel Keyes. Quel rapport entre ces livres, quelle logique sous-jacente ? Va savoir. Pierre Guyotat écrivait dans son dernier ouvrage, Formation, qu’il était rare, pour lui, de lire des livres qui n’étaient pas nécessaire à son écriture. C’est une logique inconnue et qui me fait un peu peur. Pourtant, faire des choix, se concentrer, creuser un domaine de prédilection, je le comprends, l’admet et admire ceux peuvent se concentrer ainsi. Mais ce n’est pas moi. Ce n’est pas mieux, il n’y a pas de jugement de valeur, c’est juste comme ça.

C’est étrange : par paresse, je pense être très efficace dans mon travail, très organisé. « Par paresse », parce que je veux au plus vite passer à autre chose. Mais, cette rectitude, dans ma vie personnelle, m’est inaccessible. Psfff…

lundi 3 mars 2008

Une nouvelle façon de raconter les histoires

Je parlais récemment que je 'travaillais actuellement sur un texte important pour moi'. Le voilà donc édité sur le net - pour ma première contribution au site Littéraire.com, il a pour titre Une nouvelle façon de raconter les histoires

Dites moi ce que vous en pensez dans mes commentaires, ou par email.


dimanche 2 mars 2008

Le tueur sur un canapé jaune de Bernard Lempert


Pourquoi lisons-nous ? Par distraction, pour aller vers un ailleurs hypothétique, virtuel, pour "un instant, un instant seulement " ? Ou bien, parfois, pour comprendre, peut-être, un peu mieux, et lever le commencement du voile sur cet autre, nous-même.

Le tueur sur un canapé jaune de Bernard Lempert a pour sous-titre "Les rêves et la mémoire traumatique". Ce "tueur" est donc un rêve traumatique, une expression qu'il serait indécent d'utiliser ici, mais qu'il faut découvrir à la lecture, dans sa concision, puis dans son interprétation exhaustive.

Attachons plutôt à décrire le plan de l'ouvrage.

Dans la partie "Ouverture", l'auteur nous dévoile la fonction sociale du rêve - pour plus exactement, la perspicacité, la lucidité irréelle du rêve, de la psyché - de l'inconscient. Il nous relate deux cas spécifiques. Tout d'abord, il détaille le travail de 'Charlotte Beradt qui rassembla et étudia des rêves faits durant la période nazie'. Puis, il retrace le parcours d'un rêve "prémonitoire" qu'une femme fit juste avant le génocide rwandais. Conclusion incroyable (en tout cas pour le lecteur) : "Insistons encore sur ce point : ce que les rêves savent, c'est précisément ce que personne, ou presque, n'avait encore compris. L'inconscient est un éclaireur. Il voit le réel mieux que la conscience, parce que la conscience a toujours tendance à obéir aux injonctions du plus fort, voire du plus fou. (...) [L'inconscient] scrute le monde à la faveur des yeux fermés. C'est un sous-marin patient, armé de ses seuls outils d'analyse."

La seconde partie nous dévoile des rêves traumatiques (désirs, abandon, tyrannie...). Première surprise : la brièveté des rêves. Pas de mots de trop, tout fait sens. Il n'y a pas d'histoire. Ils ressemblent aux dépêches AFP : clair, précis, des faits, sans affects. Le plus étrange peut-être est l'utilisation du rêve par l'inconscient comme outils à la fois : de récit de ce qui s'est passé, d'exorcisme presque ; mais aussi, comme outils pédagogique, comme 'médecin', psychologue, psychothérapeutes. Le rêve est aussi le work in progess des luttes internes, des combats épiques de la psyché pour survivre et guérir. Ainsi, par exemple, le rêveur peut se dédoubler dans son rêve en fonction de son rôle - un des protagoniste le représentera toujours victime, ce qu'il est encore un peu ; un autre le montrera déjà guéri - ce qui est en cours. Et les deux agirons différemment, parfois même seront en contradiction...

La troisième partie s'intitule Discussion, et retrace les différentes théories du rêves.

Le tueur sur un canapé jaune est un livre étonnant, troublant, déroutant. Mais une question reste en suspens : de quoi rêve-t-on aujourd'hui ?

jeudi 28 février 2008

Mal de pierre de Milena Agus

Les mots manquent - c'est un bijou, un diamant, une merveille, un chef d'œuvre.

Pas envie de l'analyser, d'expliquer, de dire ceci ou cela. Non, seulement de reprendre les mots des autres : "diamant", "liberté"...

"Étrange et fascinant." Olivia de Lamberterie, Elle

"Une sidérante maestria." Marie Chaudey, La Vie

"Troublant et exceptionnel!" Jérôme Cuvelier, Librairie La Manœuvre

mardi 26 février 2008

Tex Avery

Comme je travaille actuellement sur un texte important pour moi (nous en reparlerons les jours prochains), je n'ai même plus le temps d'écrire les chroniques des livres lus... alors, je vous donne cet extrait d'un dessin animé de Tex Avery...


Tex Avery
envoyé par Texwolf

dimanche 24 février 2008

Balthazar (magazine)

Au boulot, une dizaine de Balthazar - Le magazine de l'homme, était mis à la disposition de nos visiteurs. Je me sers - je ne connaissais pas... La forme, d'abord : papier glacé, maquette soignée, publicité luxueuse - bel objet.

Le fond : couverture sur Olivier Dassault, "chef d'entreprise, pilote, photographe, musicien, député, homme de presse et de communication".. Le chapô est d'une efficacité stupéfiante en ce qu'il nous enseigne sur l'article même - nul besoin d'aller plus loin. Il s'agit d'une citation de Mstislav Rostropovich à notre grand homme - je ne m'en lasse pas : "Vous avez dans vos yeux une lumière qui vient du cœur."

Plus loin, une interview de PPDA : je cite telle quelle une question du journaliste au célèbre personnage (là encore, je ne m'en lasse pas) : "Vous êtes au sommet d'une carrière exceptionnelle de journaliste, d'écrivain et d'animateur de la vie littéraire. Y a-t-il des instants teintés de pessimisme en dépit d'une vie sociale brillante ?"


C'est trop beau. En fait, c'est un magazine de calinothéraphie pour puissant, et homme du monde.


En contrepoint, je serais injuste de ne pas vous parler de cet artiste peintre - Nine - dont parle le magazine et que je ne connaissais pas. C'est une vraie découverte pour moi.

Alors, tout compte fait, suis assez content d'avoir été curieux : j'ai bien rigolé, et aimé une nouvelle artiste... Bonne pioche.

vendredi 15 février 2008

Voyez-vous...

... je reprends un extrait d'un article du Nouvel Obs. de cette semaine - à lire sur Biblios. - sur la "Milléniumania" (sic)

"Etrangement titré «les Hommes qui n'aimaient pas les femmes», le premier livre paraît tout de même huit mois plus tard. Entre-temps, chez Actes Sud, Marc de Gouvenain, depuis vingt ans découvreur de talents littéraires scandinaves, a demandé à lire le manuscrit. Il est bluffé. Pour le publier, il va jusqu'à créer une collection, «Actes noirs», et acquiert pour un prix qui semble aujourd'hui dérisoire une série désormais culte en voie de «harrypotterisation» avancée. Les Etats-Unis, qui ont acheté les droits bien après la déferlante européenne, auraient payé 210.000 dollars."

Cet autre extrait sur Livre Hebdo...

"Les hommes qui n’aimaient pas les femmes, le premier tome, sera adapté directement pour le cinéma et sortira en Scandinavie au printemps 2009. "

Pour vous dire quoi ?

Ben, de relire mon propre post du 31/03/2007 - presque un an... C'est exactement ce que je me suis lassé à expliquer - à théoriser (cf. mes post sur La production idéalisée...).

No comment... Ouaip - no comment.


mercredi 13 février 2008

3 livres...

J'ai commencé 3 livres cette semaine : un dans le cadre du Prix des lecteurs de l'Express ; un que je me suis engagé à lire dans le cadre d'une collaboration future à un site internet ; un que j'aimerai lire par nécessité personnelle. Je me suis donné une dizaine de jours pour les lire et les chroniquer.

Mais un autre me fait envie - furieusement : après le Seigneur de Bombay (nous en reparlerons), et ses 1 285 grammes et ses 999 pages, Le sang des homme de Upton Beal Sinclair - avant le film, j'aime lire les livres... J'avais lu avec passion le livre d'Eric Laurent, La Face cachée du pétrole et je me suis intéressé aux articles d'été des Echos parlant du l'épopée du pétrole. Tout est très logique, en continuité...

Sans compter d'autres dans ma petite tête, et un autre projet que je compte reprendre, et pour lequel je continue à me documenter petit à petit. Un plan se forme lentement dans un coin de ma petit tête...

Est-ce que j'essaie de remplir un vide ?



Juste une pensée pour Cédric qui semble vivre des moments difficiles. Courage - sans doute beaucoup dans la blogosphère penseront à toi ces jours prochains. Je voulais juste démontrer aussi par son exemple que si l'écriture est une passion, c'est aussi un métier qui nécessite compétence et professionnalisme - la preuve sur son post du jour...


lundi 11 février 2008

Le dernier frère, de Nathacha Appanah

Le dernier frère est un livre douloureux – d’une beauté déchirante, exigeant, presque physique, il irradie de souffrance. Et de bonheur, aussi. « Exactement », Nathacha Appanah cherche, délie, ses mots. Ses phrases sont longues, elle tourne, elle encercle, fouille pour ne s’arrêter jamais, elle renouvelle l’effort, de peur de se perdre, de ne pas saisir la vérité des sentiments, des êtres et de la Nature. Elle nous donne à entendre une voix profondément humaine, une voix de fin de vie, sans fard, sans affect, sans pathos. Un homme se raconte – il raconte, les secrets de son enfance, la perte, la violence de la nature, de son père - et tout s’unit, tout simplement, dans des mouvements successifs, alternés, paix et guerre, dans une construction complète, et humaine.

Mais c’est un livre difficile, que nous pouvons refuser de peur de souffrir. Ses mots sont si tangibles, si sensibles, si denses, que nous pouvons les repousser d’une main, d’un mouvement de recul, d’un soupir. Et pourtant, l’amour d’une mère chasse tout, elle guérit le malheur. Apaise, il permet de vivre, de survivre, d’exister et de poursuivre.
Le dernier frère de Nathacha Appanah marque, là, au cœur. Peut-être trop pour que les larmes coulent, se délivent sur notre joue, elles se refoulent par pudeur, n’osent s’exposer, elles restent ancrées, au bord de nous-mêmes. Maintenant, ces mots, cette voix, font partis de notre vie.

vendredi 8 février 2008

Les romans n'interressent pas les lecteurs, de Alain Remond

Un homme rencontre l’auteur disparu de trois courts romans qui marquèrent sa vie à la fin de son adolescence. « Mais le rideau va se déchirer. Santenac – l’auteur mythique - n’est peut-être pas à la hauteur du rêve. À la hauteur de la passion des livres… » nous apprend la quatrième de couverture. Les romans n’intéressent pas les voleurs d’Alain Rémond est roman sur la lecture et de sa confrontation à la realpolitik de la vie, en quelque sorte. Borges disait qu’il n’était pas un écrivain, mais avant toutes autres choses, un lecteur. Il pensait que la lecture était un acte artistique. Et pour beaucoup, le rapport au livre - tant physique que psychique - est l’un des plus intimes qui soit, de ceux qui nous vous font appartenir à une « secte » d’initiés, comme ces rituels des peuples inconnus des jungles profondes d’Afrique. Il vous sépare, vous rende précieux. Le livre, comme épreuve et cérémonie, ouvre (parfois) un champ nouveau de conscience, il entrouvre en nous la perception d’un écho dans le vide. Plus qu’un rêve, nous cherchons une compréhension - comprendre et être compris - une justification, peut-être. « Mais lire ce n’est pas vivre. » sont les derniers mots de cette histoire. Et si les romans n’intéressent pas les voleurs – sans doute est-ce vrai, mais alors que nous reste-il ? Quelques tendresses, quelques rires, tout cela en somme, l’auteur nous le donne comme une offrande. Un livre bouleversant dans son rapport à la vérité pour tout lecteur compulsif – mais c’est aussi sa limite.

jeudi 7 février 2008

Quelques infos, comme ça en passant...

Que je vous les livre, telles quelles parce qu'elles résument ce qu'est notre monde - "No Comment" comme sur Euronews.

  • Profit d'ExxonMobil pour l'exercice 2007 : 40,6 millilards de dollars - soit le plus gros bénéfice de l'histoire, soit 100 millions de dollars de bénéfice par jour, soit 100.000 dollars de cash-flow par minute. (source : Les Echos)


Mots importants : "minute" et "légalise".


Maryam ou le passé décomposé, de Alawiya Sobh


Il est toujours étrange de lire d’autres cultures, d’autres personnages, qui sont si loin de nous, si étrangers à notre propre construction, qu’une fois de plus, malgré tout, malgré soi, imperceptiblement, nous nous trouvons enserrés en nous-mêmes, comme refusés devant une porte universelle. Mais Maryam ou de le passé décomposé de Alawiya Sobh réussit à transcender ces crevasses intimes, ces manques, pour toucher cet humain en nous intangible et nécessaire. Et si nous sommes conscients de ne pas tout comprendre du climat, de ces descriptions, de ne pas nous souvenir des odeurs, ou de ne pas saisir le plein sens de ces termes qui nécessitent notes en fin de volume et références - qu’une bonne part du texte nous est inaccessible, nous lisons ces histoires de femmes avec émotion.

Mais ce ne sont pas seulement des histoires recomposées, un point de vue de femmes sur la guerre du Liban ou la société arabe – non, c’est bien plus, c’est une parole de femme. Un homme regarde (trop) souvent l’autre sexe avec incompréhension, dépassé devant cette autre grammaire. Et s’il aime un peu plus que de raison, peut lui importe : il accepte la totalité de l’être, entre renoncement et résignation. Maryam est plus qu’un livre en langue arabe – c’est un livre en langue de femme. Et ces émotions, cette force profonde, si profonde, si intense, déstabilisent l’homme occidental - il aime la femme orientale.